mercredi, septembre 29, 2021
Découverte

RDC : Le poète militaire Séraphin Ntsha Otshudi : un penseur orignal pour l’épanouissement de l’homme

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Le poète militaire Séraphin Ntsha Otshudi: un penseur original pour l’épanouissement de l’homme

Don de Lomela est le nom d’artiste de Monsieur Séraphin Marie Ntsha Otshudi, Officier militaire de son état. Selon le Professeur Étienne Ngangura, préfacier de son premier recueil de poèmes sur la ” Destinée de l’homme”, l’Artiste Ecrivain-Poète, Don de Lomela, est un penseur original. Il trouve dans la poésie le langage le mieux indiqué pour véhiculer sa vision, mieux sa réflexion sur la destinée de l’homme.

Séraphin est originaire de Lomela en plein centre de RD Congo, précisément dans la province du Sankuru.

Ses ouvrages :

  • La Destinée de l’homme (poèmes) ;
  • Au Seuil de la Destinée (poèmes) ;
    Il sied de signaler que ces deux recueils de poèmes sont édités mais le tirage à plusieurs exemplaires pose problème faute de moyens.
    -“Salon de la muse” sur la revalorisation de la fonction enseignante. Éditions : Mont de Cristal, Kinshasa, DB 3.01801-57006/2018
  • La Dimension humaine de l’œuvre de Papa Wemba. Cfr Papa Wemba : un homme, un mythe, un destin. La Rumba congolaise au cœur du génie culturel africain. Université alternative/ Pôle Institute 2017 ISBN 979-10-94969-540
  • L’Etreinte filiale. Avec ce poème, l’auteur a reçu le prix littéraire MAKOMI 2018 ( Prix européen de la littérature congolaise). Cfr La dernière nuit et autres nouvelles et poèmes. Pôle EUNIC-RDC.
  • La Mémoire (poème) . Échos de la fraternité, numéro 18 Avril-Mai 2009 ;
  • La Personnalité (poème). Le Palmarès n. 4350 du 06 Octobre 3008 ;
  • Le Vent du bonheur (poème). Tempêtes de Tropiques n. 3838 du Mercredi 10 Février 2010 ;
  • Couronne du Marin (poème). Presse militaire ;
  • Le Travail et la vocation (poème). Presse militaire ;
  • La Sécurité prime (poème). Presse militaire ;
  • L’éducation civique et son Impact sur le développement. Échos de l’entraide ASBL Mbazangungu 2012
  • Femme, la Vertueuse. Poème présenté sous forme de Tableau artistique .

En voici quelques poèmes.

De suite des malentendus et incompréhensions, un différend a dégénéré aux coups de poings. Appuyée par sa famille, la dame claque la porte de son foyer et prend le large. Elle laisse derrière elle quatre enfants dont Odette âgée de huit ans. La petite Odette déversa ainsi toute son affection à son père. Cette étreinte filiale est tellement forte qu’elle ne saurait manger le soir et trouver sommeil qu’à côté de son père.
En déplacement pour une courte mission de service, le papa passe une nuit morose. Le matin, il n’arrivait pas à s’expliquer cette atmosphère morne. Désemparé, il cherche ce qui en est à la base. Il s’est adressé tour à tour à la fleur, au vent… avant de réaliser qu’il s’agissait de l’absence remarquée de sa fille Odette. Il va ainsi plancher sur le bien-fondé de cette étreinte, tout en s’adressant à cette dernière avant de rêver le retour un jour de son épouse, et plus loin, le futur mariage de sa fille Odette afin de l’aider à transposer cet amour à son mari et à sa progéniture.

L’ETREINTE FILIALE

Reveillé au cri mélodieux du rossignol solitaire
L’aurore enjouée dissipa la ténébreuse nuit
Pour saluer le jour aux clartés bien salutaires
Colmatant les brèches de cette odieuse minuit
Je sentis une atmosphère quasi morne en moi.

Dans mes entrailles de grâce sans grand émoi
Un vide profond pareil à un corps sans âme
Corroborant, sans doute, un foyer sans dame
Passe pour un motif d’appréhension certaine,
Pour une vive préoccupation dans cette fontaine.

Loin de tarir et compromettre ses implosions
Elle est pleine de ressources et de provisions.
D’où viendrait la claire vision de cette absence
Qui me réduit en une ombre sans présence,
En une reine sans couronne et sans aisance ?

Et toi, le zéphyr qui m’effleure, ravive-moi
Pour appréhender le sens de ce malaise sans nom.
Toi, l’horizon bienheureux des âges, restaure-moi
Pour sonder le lit de mon univers sans renom.

Toi, la rose qui embellit la cour, enivre-moi
De ton arôme pour revitaliser mes veines.
Toi, la brise de l’aube ensoleillée, gratifie-moi
De ta rosée pour édulcorer mes déveines.

Ouf ! louange à la perceptibilité providentielle.
Mémoire dévoilée, je réalise l’absence réelle
L’absence remarquée d’Odette, ma fille cadette
Dont la présence frise une véritable dette.

A l’instar du bon Dieu, mes enfants reçoivent
Tous de moi, même amour et même affection
Et se différent par le charme qu’ils me doivent
Au regard de leurs dispositions et affectations.

Comme l’ombre à la substance qui la produit
Odette est tellement collée à moi que le produit
De cet attachement me dépasse et m’enivre.
En retour, elle arrache toute ma prédilection
Et devient, ma foi, ma seconde raison de vivre.

Lui procurer joie et bonheur étant ma mission
Petits cadeaux, paroles aimables, cajoleries
S’en suivent pour bien aménager sa soirée.
Oui, gérer ses caprices, humeurs, plaisanteries
Devient ma tasse de café, ma sauce adorée.

A douze ans, Odette ne cache rien à son père
Un modèle en cette société en crise de repère.
Papa, tu sais, celui-là m’a promis un poème
Va-t-il exalter mes attraits comme un diadème?

L’intensité de cette étreinte filiale m’emporte.
Conscient des conséquences que cela comporte
Je ne saurais plus la punir en guise de sentence ;
Ciel, au secours face à cet aveu d’impuissance!

Se jeter dans mes bras, tendrement l’enlacer
Me laisser fasciner fasciner par son sourire gracieux
Dû à ses joues étoilées des fossettes à caresser,
Consolent mon âme et augurent le jour radieux
Où ma côte qui partagea son cordon ombilical

M’approchera après son évasion au contour local.
Ravissante Odette, la fille à papa, mon astre lunaire
Tu m’as manqué, je le sens, je le vis. Ça revisite
Le complexe d’Œdipe en ce jour du cinquantenaire.
Tu supplantes tout en moi et tu me réhabilites.

Mon vœu le plus ardent est de te marier un jour
Pour t’aider à transposer un peu de ton amour
Pour moi à ton cher époux et à ta progéniture
La vie ainsi faite conforme aux lois de la nature.
Cette truculente poésie à la singulière consonance se veut une vitrine, une interpellation ; étant donné que la personnalité s’avère une sorte d’échelle de valeur, une balance de grandeur en estime sociale. Elle ne s’achète pas, elle ne se négocie non plus. Avec dédain, on détournerait carrément ses yeux d’un sujet sans personnalité au point d’assimiler toute sa prestation sociale à une nullité, à une nudité.

  LA PERSONNALITE

Que l’on soit
D’égal niveau intellectuel
D’égale renommée scientifique
D’égale carrure stratégique ;

Que l’on soit
De même rang professionnel
De même taille athlétique
De même acabit physique ;

Que l’on soit
De même audience matérielle
De même trempe idéologique
De même calibre artistique ;

Eh bien ! la personnalité s’érige
En point de démarcation en dignité
En balance de grandeur en estime
En tamis de sélection en noblesse.

Elle est un facteur de préséance
Elle est un vecteur d’élégance
Elle est un créneau de fierté
Elle est un creuset de destinée.

Elle fait l’homme et demeure
Un motif de crédit et d’honneur
Une source de joie et de grandeur
Un siège de prestige et de félicité.

Comme la prunelle de l’œil
On la garde jalousement
On la chérit singulièrement
On la défend conséquemment.

Oh ! La gloire effeuillée, ses pétales
Tombent face à son ignoble revers.
L’intempérance, la légèreté…
En constituent les pesanteurs.

Au seuil de cette vision juteuse
Charles de Gaulle martèle :
« Le seul manque de caractère
Frappe l’œuvre de stérilité ».

Dans ce poème aux vers libres, l’auteur soulève la problématique de l’aisance matérielle qui généralement ne s’obtient pas facilement dans la mesure où son acquisition demande beaucoup d’efforts et de sacrifices. Deux cas de figure nous sont présentés. D’une part, l’artisan du confort matériel et d’aure part, le bénéficiaire, jouisseur. L’artisan est à féliciter, il se maintient dans cet état et cherche la perfection, le progrès. Par contre le bénéficiaire appelé ici velléitaire, dont tout est à portée de main, est tout simplement ébloui, démotivé, paralysé.

               L’AISANCE

Oui ! L’aisance éblouit
L’aisance démotive
L’aisance paralyse

             Le bien-être intégral est ma destinée
        L’aisance, l’une de ses diverses facettes 
       Ne s’obtient absolument en une matinée 
        La sueur en vaut certainement l’assiette

                Son artisan est dûment couronné
           Et se maintient dans cette randonnée.
                La perfection est son point de mire
  Et dans la soif effrénée du progrès, il se mire.

                 Hélas ! dans le chef des velléitaires

L’aisance matérielle éblouit, démotive, paralyse…
Ils sont paradoxalement déficitaires
En effort et sont floués pour une juste analyse.

      Dommage ! L’aisance éblouit
                                         L’aisance démotive 
                                           L’aisance paralyse

L’environnement influe sur l’ascension sociale
      Qui est certes fonction d’énormes efforts

Et sacrifices au-delà de toute considération raciale
Et ce, en perspective de jouir d’un réel confort.

L’amélioration des conditions humaines de vie
Conduit à résorber la misère et à parer à la survie
Et lorsque tout est à portée de main
L’homme se croit arrivé et se comporte en surhumain.

A côté des réalités occultes connues des confesseurs
L’aisance déshumanise à la limite les jouisseurs.
Loin de l’emporter, « l’homme plein » la démystifie
Et son pari de laisser une empreinte se justifie

   Gare ! Les moyens, 
Mieux le confort matériel de vos parents,

Ne sont pas les vôtres, jeunes gens.

DIEU
Peu importent les dénominations
Il est un Dieu, l’Esprit créateur
L’Architecte par excellence
L’Entité qui régit l’univers.

        Au regard de sa nature imparfaite,
        Egoïste, l’homme peut s’approprier
        Tout sauf évidemment Dieu.

L’eau, son ombre, est pour tous
Et ne réfute rien. Qui peut s’en passer ?
Absolument personne, tout être vivant
S’en sert et bénéficie de ses services.

Pourquoi vouloir se l’approprier ?
Pourquoi s’en vouloir à ce sujet ?
Pourquoi ne pas coopérer à son action !

Liberté d’opinion religieuse
Droit inaliénable échu à l’homme.
Donc, un minimum de tolérance.

Sa providence étant pour tout homme
La différence consisterait dans la façon
D’accueillir son amour et de réagir à cet amour
Qui effectivement implique le pardon.

Oui ! Le bien auquel aspire tout un chacun
En est incontestablement le reflet
Pourquoi donc le falsifier ?
Pourquoi vouloir le relativiser !

Pourquoi dire ou faire le mal
Tout en sachant pertinemment bien
Que c’est mal, la victime en souffre ?

L’intelligence s’apparente au bien
Et devient malheureusement malice
Lorsqu’elle est tournée vers le mal.

Où est la conscience, le germe de sa semence ?
Elle interpelle sans nul doute !
La mauvaise foi saigne son âme
L’amour et la paix chantent la destinée.

Dans sa magnificence, Dieu dota l’univers
De trésors et de merveilles pour sa gloire
Et le bien de l’homme. Tout ce qui est dû à Dieu
Hélas ! Le mal le voudrait pour son compte.

Si l’homme connaissait son lendemain
Eh bien ! Dieu cesserait d’être Dieu
Et la vie perdrait tout son sens.

Sa nature est une réalité insondable
Parfait ! scruter sans relâche sa face
Est la vocation première de l’homme.

Dans la splendeur du décor paradisiaque du jardin d’Éden, l’homme n’a été émerveillé que devant la fascinante beauté de la femme. Elle est une parure mystique, seul le cœur peut la déceler. Ce que l’homme rêve de celle qui donne la vie, au-delà des autres considérations, c’est la douceur. Elle est le reflet de sa nature. En retour, l’homme est appelé à avoir un grand cœur, un cœur paternel pour pouvoir supporter les caprices de cette dernière. L’entourer de tendresse, de sollicitude ; savoir beaucoup écouter, pardonner… Ce poème s’avère un miroir qui interpelle.

MON REVE
Eve
Ce que je rêve de toi
De celle qui donne la vie
De celle qui est tirée de moi

C’est juste le reflet de ta nature
La puissance intérieure
La vertu singulière :
« La douceur »

Toi, ma destinée, toi mon rêve
Voici en toi mon rêve
Un rêve de paix en ta compagnie
Un rêve de vie dans ta cour où filtre :

De ton corps la douceur
De ton regard la douceur
De ton parler la douceur
De ton agir la douceur.

Face au train infernal
Aux charges émotionnelles
Aux lassitudes temporelles
Aux vicissitudes de la vie ;

Tu es l’accueil
La berceuse
La consolation
Le refuge même.


Oui, ma partenaire ! Tu es jolie
Eh bien, que tout en toi soit joli
Tu es une fleur, une parure mystique
Que tout en toi demeure agréable.

De grâce, préserve cette harmonie
Et maudis tout train volage et contrasté
Tout ce qui ne rime pas à ton charme
A ton essence et à ta douceur d’âme.

L’adéquation entre l’être et le paraître
Sous-tend la délicatesse
De ton être, bénit ta noblesse
Et encense ta grandeur.

En retour
Je t’ouvre mon cœur
Un grand cœur
Un cœur paternel

Qui dorlote
Compatit
Transcende et
Pardonne.

Dans une vision plus large, nous sommes tous des partenaires dans la société. Partenaires dans la mesure où, comme dans une symphonie, chacun joue sa partition c.-à-d. chaque membre de la société apporte un peu du sien pour sa bonne marche, pour les objectifs communs à atteindre, pour le bien commun et pour le bonheur de tous.
L’élégance est une qualité qui chante la compétence, le mérite, le savoir-faire, la confiance en soi-même ; elle engendre l’estime, l’admiration, un certain honneur, et par conséquent, elle doit éviter toute compromission. Un ouvrier élégant par exemple doit avoir un souci permanent de bien défendre sa tenue, sa dignité liée à la déontologie de sa profession partant de son savoir-faire, de son savoir-être.

               ELEGANCE

Des qualités qui élèvent une personne, qui l’ennoblissent
Et la font exceller ; l’élégance en demeure une ;
Pas forcément la sublime, la moindre non plus ;
Elle chante la compétence, elle est transparente donc
Dans la bonne prestation du partenaire social.

Dans la dextérité d’un artiste,……….elle est là
Dans la verve d’un poète,……………elle est là
Dans l’éloquence d’un orateur,……..elle est là
Dans le doigté d’un sculpteur,………elle est là
Dans la finesse d’un peintre,………..elle est là

Dans le charme d’un chanteur,……..elle emballe
Dans l’adresse d’un journaliste,…….elle emballe
Dans le génie d’un joueur,…………..elle emballe
Dans la touche d’un musicien,….…..elle emballe
Dans la gestuelle d’un cinéaste,…….elle emballe

Dans le regard d’un amant,…………elle fascine
Dans la posture d’un mannequin,….elle fascine
Dans la notoriété d’un technocrate,…elle fascine
Dans la maitrise d’un magistrat,……elle fascine
Dans la dignité d’un notable,….…….elle fascine

Dans la blouse d’un médecin,………elle transparait
Dans le treillis d’un militaire,……….elle transparait
Dans la salopette d’un ouvrier,……..elle transparait
Dans la toge d’un avocat,……………elle transparait
Dans le pagne d’une africaine,………elle transparait

Dans la tendresse d’une mère,………elle se dessine
Dans la douceur d’un moine,………. elle se dessine
Dans l’habileté d’un artisan,………………elle se dessine
Dans la responsabilité d’un parent,………elle se dessine
Dans la charge d’un décideur,……………elle se dessine

Dans la délicatesse d’une maitresse, ……elle séduit
Dans la coquetterie d’une hôtesse,………elle séduit
Dans la technicité d’un ingénieur,……… elle séduit
Dans le savoir-faire d’un formateur,……elle séduit
Dans l’intime conviction d’un dirigeant, elle séduit

Elle est la saveur de l’optimisme,………..avouons-le
Elle est l’expression du dynamisme,…….avouons-le
Elle est le symbole de la grandeur, ………avouons-le
Elle est l’étincelle de la courtoisie,……….avouons-le
Elle est la sécrétion de la sérénité,….…….avouons-le

Elle s’apparente à l’aisance,………………absolument
Elle se dissocie de la vantardise,…………absolument
Elle se différentie de l’orgueil,……………absolument
Elle se démarque de la médiocrité,………absolument
Elle évite toute compromission, …………absolument

Elle traduit la compétence,……………….oui, joie et fierté
Elle caresse la confiance,………………….oui, joie et fierté
Elle bénit l’estime,…………………………oui, joie et fierté
Elle salue le mérite,………………………..oui, joie et fierté
Elle sous-tend l’honneur,…………………oui, joie et fierté

Dans ce texte poétique aux vers libres, l’auteur parle de la femme en mettant en exergue ses vertus, ses attributs et sa majesté. Apparemment faible eu égard à sa vulnérabilité physiologique, la femme détient singulièrement le destin de la société. Elle est « la force suprême » comme l’a bien démontré Jean Malonga.

                                                                     Par Valentin KABANDANYI
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